alchimie & mystique  - 123 -


Voie sèche


La fusion qui reste, dans la voie sèche, la naturelle solution.
(Canseliet)


La voie, qualifiée sèche, n’exclut pas une phase qui est évidemment humide. C’est alors que les adjuvants salins sont soumis à l’action du dissolvant cosmique et liquide à l’ordinaire température.
(Canseliet)


Nous devons ouvrir notre terre minérale à l’aide du double feu, vulgaire et philosophique.
(Canseliet)


Deux interprétations de la calcination : l’une, ordinaire, à feu « ouvert », c’est-à-dire de flammes vives, l’autre, philosophique et très secrète, utilise le feu céleste.
(Husson)


Le traité anonyme nous montre l’alchimiste s’acharnant, plein de courage et de vigueur, à extraire lui-même, du sol rocheux, le trisulfure naturel qu’il purifiera, tout d’abord, par les procédés ordinaires, et qu’il rendra bientôt philosophique, selon des directives plus secrètes.
(Canseliet)


Séparant son ascension en deux phases, Savinien insiste sur la rosée mercurielle et sur l’artifice igné, qui l’un et l’autre constituent l’énigme physico-chimique énoncée par le vieil aphorisme latin et repris à l’envi par les meilleurs auteurs :
Azoth et ignis tibi sufficiunt ; le mercure et le feu te suffisent.
(Canseliet)


Dans le labeur alchimique, le rôle de l’agent mâle, pénétrant la matière grave, c’est-à-dire la pierre brute qu’il convient d’équarrir, est toujours figuré par la lance ou l’épée ; l’une ou l’autre utilisée par le chevalier, au cours de son combat contre le dragon.
(Canseliet)


La nymphe de Cyliani glisse dans sa poche un bocal bouché contenant la liqueur nécessaire à détruire la fermeture du temple où les deux vases sacrés sont gardés par un dragon.
Elle fournit à son protégé le procédé complet de notre premier œuvre, dont les auteurs se montrent unanimes à souligner l’exécution difficile, pénible, voire dangereuse.
Elle lui remet la lance avec laquelle il devra tuer le dragon, en lui recommandant de la faire rougir à l’aide du feu vulgaire, avant de l’enfoncer profondément dans le corps du monstre.
Le dragon, l’eau magique et la lance figurent les trois acteurs de cet hyménée chimique : femelle, médiateur et mâle.
(Canseliet)


Le dragon garde intérieurement l’accès du temple, et n’apparaît que par l’entremise d’une substance que lui [Cyliani] a remis la nymphe, ce qui suffit pour en définir la nature et l’origine.
(Husson)


Mont-Joie, le mont joyeux à la cime duquel brille l’astre hermétique.
La matière a subi une première préparation, le vulgaire vif-argent s’est mué en hydrargyre philosophique.
(Fulcanelli)


L’étoile est la signature du sujet initial.
(Fulcanelli)


La « solution mystérieuse de la matière » ou le mariage de Vénus avec Mars, est, selon l’expression de Cyliani, dans la partie de son livre consacrée aux opérations de la voie humide, « faite par une belle nuit, le ciel calme et sans nuages ».
Or le processus de solution dans la voie humide ne saurait s’accomplir dans un espace de temps aussi bref. Cyliani s’est en quelque sorte trahi dans ce passage, évocateur de la technique sèche.
(Husson)


La première matière de l’Œuvre, à un moment donné de la préparation, soumise au feu de fusion, fait apparaître le signe de la réussite, soit l’étoile rayonnante.
(Bardeau)


Pour faire les travaux d’Hercule, il faut user de grandes précautions ; une fois qu’ils sont passés, le reste est un travail bien agréable, qui ne coûte pas un sou de dépense.
(Cyliani)


Analogie combien troublante du premier œuvre, c’est-à-dire de la séparation et des trois réitérations subséquentes, avec la purification de l’or par l’intermédiaire du plomb ou de l’antimoine.
(Canseliet)


Qu’on fasse combattre les deux héros belliqueux Saturne et Mars (encore que le premier soit d’humeur pacifique). Après trois ou quatre assauts réitérés, ils feront la paix et, en témoignage de réconciliation, feront voir la splendide bannière, semblable à une étoile.
A ces héros belliqueux à présent unis et quelque peu fatigués par leur ardent combat, sera offerte, pour les restaurer, l’eau de la vie (laquelle requiert cependant encore une rectification) par l’usage de laquelle ces duellistes triomphants noueront un lien d’alliance à jamais indissoluble.
Comme signe de cette union solide et immuable apparaissent les deux colombes de Diane, tenant en leur bec la branche d’olivier.
Et pour que cette paix soit annoncée au monde tout entier, apparaît un héraut qui la proclame d’une voix retentissante, à 7 ou 9 reprises, par tout l’univers.
A présent ceux qui étaient contraires se trouvent unis ; à présent, après bien des tempêtes qui ont déchiqueté les rochers, après les tremblements de terre, après le Feu dévorant, se manifeste à nouveau un sifflement doux et tranquille.
Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende, car je puis assurer que tout l’art est contenu en ce peu de paroles, si claires pour un fils de l’Art qu’il n’est aucunement besoin d’en ajouter d’autres.
(Leona Constantia – Fleur Solaire des Sages)