alchimie & mystique  - 010 -


En Inde - 1 -


Katha upanishad

1-1-14. Je connais bien ce Feu, qui mène aux cieux, et je vais te l’enseigner. Écoute-moi bien attentivement !
Sache que ce Feu est le moyen de parvenir aux cieux, et que c’est aussi le support de l’univers ; et sache qu’il est caché dans le cœur des créatures.

1-2-12. Le sage qui, au moyen de la concentration, réalise cet Unique, intemporel, radieux, difficile à contempler, profondément occulté, reposant caché dans le cœur — cet homme-là, indéniablement, laisse loin derrière lui plaisir et souffrance.

1-2-20. L’Atman, plus subtil que toute subtilité et plus grand que toute grandeur, est caché dans le cœur des créatures.
Seul celui qui a maîtrisé ses désirs et dont l’esprit est pacifié, peut, par la grâce du Créateur, contempler la gloire majestueuse de l’Atman, et cela le rend libre de toute souffrance.

1-2-23. On n’atteint pas à l’Atman par l’étude des Védas, ni au moyen de la pensée, ni même à force d’écouter des enseignements.
Seul trouvera l’Atman celui que l’Atman aura lui-même choisi.
À celui-là, l’Atman se révélera, dans Sa nature authentique.

1-3-12. Cet Atman, occulté au plus profond de tous les êtres, les yeux ne peuvent le voir.
Mais il devient visible pour ceux dont l’intellect est suprêmement affûté et subtil.

1-3-14. Lève-toi ! Éveille-toi ! Va trouver les plus grands maîtres et apprends auprès d’eux.
Car ce sentier est aussi étroit que le fil du rasoir, périlleux et difficile à suivre ; c’est ce que disent les sages.

2-1-1. Le Seigneur suprême, l’auto-engendré, a créé les cavités des sens en les orientant vers le monde extérieur.
C’est pourquoi l’humain voit l’extérieur, et non l’intérieur.
Mais l’homme avisé, en quête d’immortalité, tourne son regard vers l’intérieur, et contemple l’Atman en lui.

2-2-5. Ce n’est pas grâce à l’inspir, ou à l’expir, que les mortels vivent.
C’est grâce à autre chose, dont ces deux-là dépendent étroitement.

 


Mundaka upanishad

3-1-1. Deux oiseaux, compagnons inséparables et portant le même nom, sont perchés sur le même arbre.
L’un d’eux mange les fruits aux saveurs variées, tandis que l’autre le contemple sans manger.

3-1-2. Sur cet arbre, l’âme individuelle est pour ainsi dire captive ; elle se lamente, accablée par son impuissance.
Mais dès qu’elle aperçoit son compagnon, le Seigneur adorable, dans toute sa gloire, elle est libérée de toute souffrance.

3-1-3. Lorsque le voyant aperçoit le Purusha — resplendissant, qui est le Créateur, le Seigneur, ainsi que la source du Brahman — alors, illuminé, il se défait du mérite comme du démérite, devient sans souillure et parvient à la suprême unité.

3-1-4. C’est lui le souffle de vie, qui brille en tous les êtres, à des degrés divers.
Le sage, celui qui le connaît, ne prend plus part aux débats.
Il s’ébat en l’Atman, il trouve ses délices en l’Atman, totalement absorbé en ses actes.
Un tel homme est le plus éminent parmi ceux qui ont compris Brahman.

3-1-5. Cet Atman est atteint par l’ascèse, la connaissance, l’étude et une chasteté constante.
Ses imperfections éliminées, l’ascète contemple alors cet Atman, resplendissant et pur, lumière cachée à l’intérieur du corps.

3-1-7. Cela est grand, radieux, et d’une forme inconcevable.
Cela est plus subtil que l’infiniment subtil.
Il brille de mille façons.
Cela est plus lointain que l’infiniment lointain, et aussi bien Cela est à portée de main.
Les êtres dotés de vision le contemplent, caché dans la caverne du cœur.

3-1-8. L’œil ne peut le saisir, ni la parole, ni les autres sens.
Pas plus les austérités, ni les œuvres ne le peuvent.
Le méditant, parvenu à la sagesse et à la pureté du cœur, peut le contempler, un et indivisible.

3-1-9. L’Atman est secret, on ne peut le trouver que dans ce corps, là où le souffle de vie afflue sous ses cinq formes, qui ensemble tissent la conscience de toutes les créatures.
Lorsque cette conscience est purifiée, l’Atman se dévoile dans tout son éclat.

3-2-1. Le connaisseur de l’Atman connaît cette demeure suprême du Brahman, à l’éclat resplendissant, qui recèle tout l’univers.
Le sage, qui est parvenu à l’état sans désirs et vénère l’Être suprême, transcende la nature humaine, née de la semence.

3-2-2. Celui qui ressent des désirs et y cède, renaît ici ou là, selon ses désirs.
Mais celui dont LE désir est satisfait, qui s’est établi fermement en l’Atman, celui-là voit s’évanouir tout désir ici-bas.

3-2-3. Ce n’est pas un enseignement qui mène à cet Atman, ni l’intelligence, ni l’érudition.
Seul celui que l’Atman choisit peut y parvenir, et c’est l’Atman lui-même qui révèle Sa nature véritable à celui qui le recherche.

3-2-8. Tout comme les rivières s’écoulent vers l’océan et y disparaissent, en perdant leur nom et leur forme, le sage aussi se libère du nom et de la forme et parvient au divin Purusha, au plus haut du plus haut.